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Brume rose

Article publié le lundi 07 octobre 2019 par Marie Plancherel AKA Marie Mickelis, Esthéticienne ASEPIB, Institut By.Ba

En souvenir de la brume rose qui s’est estompée pour notre plus grand plaisir !

Ceci n’est pas mon histoire, c’est la sienne, celle de ma mère. Nous sommes en octobre, l’octobre rose…

Il y a dix années de cela à la même période, je vivais à Lausanne pour poursuivre mes études gymnasiales afin de suivre des études universitaires de médecine. Une journée teintée de rayons de soleil, je ne m’attendais pas à ce que cette belle journée se teinte de nuances froides et sombres. Maman, tu m’avais appelé pour que l’on se retrouve avant ton départ en Belgique pour prendre un café. Tu avais vu le médecin ce matin-là à Fribourg… Lorsque j’ai vu ton sourire, ton attitude d’un calme inébranlable, je me suis dit : super, elle va bien. Non, tu n’allais pas bien et tu le ressentais depuis un long moment déjà… ce que je n’ai su que par la suite. A cette époque, j’étais bien trop absorbée par mon quotidien si obsolète pour t’appeler et demander de tes nouvelles.Tu n’as pas voulu m’alarmer, alors tu m’as dit que tu avais quelques micro-calcifications mais que tu attendais d’en savoir plus… tu m’as alors embrassé très fort puis tu es partie de Lausanne me laissant avec cette sensation étrange. Je n’ai plus voulu y repenser.

Puis, tu es partie en Belgique. Deux jours après, les plombs avaient sauté chez moi, je vivais sans électricité en essayant de trouver une solution. Je t’avais appelé pour savoir si tu connaissais un électricien, je m’en suis prise à toi, encore trop absorbée par mon petit quotidien. Maman, lorsque je t’ai appelé pour m’excuser, tu m’as dit que tu avais une petite tumeur… mais rien de grave.

J’avais alors appelé papa pour en savoir un peu plus. Papa me dit alors : ta maman à un cancer, un stade 3, cinq tumeurs se logent dans son sein et commencent à s’étendre au sternum, Marie, c’est grave, il faudra être là pour ta maman. Quelle idée d’appeler son père quand tu es dans les rayons de la Coop. La grosse baffe ! Je me rappelle avoir reposé un à un mes articles, d’avoir posé mon panier et d’avoir déconnecté mon cerveau en essayant de ne pas pleurer sur le chemin du retour. Trop tard… dans l’ascenseur, j’ai tout lâché. Je me rappelle avoir tout remis à plus tard, musique dans mes oreilles, pas prête à en parler je me retrouvais dans ma bulle.

Je me souviens avoir appelé mon amie Aleksandra le jour d’après en soirée. Tellement de larmes coulaient qu’elle n’a probablement rien compris à ce que je lui disais, entre les gloussements, la voix embourbée d’écoulement nasal, il pleuvait des mouchoirs. Toutefois, heureusement qu’elle était là.

Nuit blanche… Comment aborder le sujet avec ma maman ? Comment lui dire que je sais qu’elle a minimisé son cancer ?

Et puis, quoi dire à ma sœur fraîchement partie vivre à Miami ? Elle n’est pas au courant.

Comment être là pour ma mère si elle est a Fribourg et moi à Lausanne ? Mon papa qui découvre avec le cœur lourd des cancers quasiment chaque jour chez les femmes, comment va-t-il gérer ce cas qui le touche personnellement cette fois-ci ? Le bon coté de son travail était qu’il donnait aussi la vie, heureusement d’ailleurs…

A l’époque je voulais faire de la médecine légale, les morts étaient déjà morts, ils ne parlent pas, mais chaque mort a son histoire… D’un coup sans prévenir une image vint faire intrusion dans mon esprit en classe de chimie : ma mère étendue sur une table d’autopsie. Avec du recul j’appelle ça : la digestion positive du choc. Positive ? Oui car c’est un déclencheur qui nous dit STOP tu laisses les pensées intrusives tragiques t’envahir et vampiriser ton optimisme ! Changer l’image négative en positive pour apporter un soutien inconditionnellement optimiste à notre proche touché par la maladie.
 

Deux semaines s’étaient écoulées, ma mère est alors revenue en Suisse. Elle fût prise en charge quelques semaines plus tard par le corps médical de la Clinique Sainte-Anne de Fribourg (Clinique Générale aujourd’hui), si vous passez par la merci à vous, et merci à toi papa de ne pas avoir laissé tomber maman et d’avoir insisté pour participer à l’intervention en temps que médecin.

Ce qui me frappa c’était le calme olympien de ma maman, sereine, elle me dit : Marie, la mastectomie complète ne me fait pas peur, du moment que tout est enlevé je ne regretterai rien. Je me souviens de la première fois que je t’ai vu après l’intervention maman, et cette image restera dans mon esprit à vie. Le drain, la perf, la pâleur de ton teint, mais toujours le sourire. Ta chambre était jolie, je me souviens m’être mise dos à toi respirant un grand coup pour ne pas craquer car je me devais d’être aussi forte que toi.

Tu m’as dit alors : Tu veux des macarons ? La famille est passée !

Il faut savoir que ma maman adore les douceurs, pourtant elle n’avait pas le cœur à manger. Au fur et à mesure de nos défilés de mots, l’un des maux vint… Lorsque je lui ai demandé comment elle vivait ce cancer et comment elle ressentait son corps, je la sentie abattue. Tu sais, me dit-elle, ce matin l’infirmière est venue changer mon drain, j’ai alors pu regarder ma poitrine, du moins ce qu’il en reste et Marie, j’en ai pleuré.

En tant que femme, le cancer est quelque chose de sournois qui habite notre corps, toutefois il y a aussi la partie sous-jacente qui est le rapport au corps après une intervention : mastectomie partielle ou complète.

Puis, mon papa ayant fini ses consultations vint dans la chambre, je lui dis alors que je ne rentrerais pas chez moi à Lausanne le soir mais que je rentrais à la maison avec lui. Amaigri, grise-mine, et traits tirés il me dit d’accord. En mettant les pieds dans la maison je ressentis mon cœur se serrer et une sensation de grande colère. J’avais un homme en colère en face de moi, en colère contre la vie. Chacun gère sa colère, mon père adore casser des choses ou déménager des meubles.

Le retour de ma maman à la maison fût un cadeau, un peu perturbant, mais un bonheur. Nous savions que ce n’était pas fini, le suivi psychologique et les rayons allaient suivre. L’atmosphère de Noël, dans ces circonstances, se teintait d’une énergie spéciale pour ma maman, serait-ce son dernier Noël auprès de nous ?

Dix années se sont écoulées depuis et tu es toujours là, tu es le plus précieux des cadeaux de Noël ! En rémission et toujours aussi rigoureuse avec les contrôles médicaux.

Ma sœur et moi avions beaucoup culpabilisé, nous pensions que cette maladie découlait d’un mal-être persistant dont nous étions peut-être la cause inconsciente. Nous en avons parlé à notre maman, elle nous a alors dit que dans le cancer il peut y avoir un tourbillon de choses tels qu’un malaise psychologique, un traumatisme encré qui décide de se faire entendre des années plus tard, des causes héréditaires, hormonales après la ménopause (la prise d’hormone), et aussi par le hasard. Finalement à part la cause héréditaire chaque cause est plus ou moins propre à la personne.
 

Maman, je te dédis ce post. Tu as eu le courage et la force d’affronter cette épreuve. Papa, je n’oublierai jamais cette sensibilité que je n’avais jamais vu en toi, elle m’a montré une autre facette de ta personne qui pour nous a été positive car sans ton flair Claudia et moi n’aurions plus de maman aujourd’hui. Tu as été le premier à dire que quelque chose n’allait pas car tu sais que maman est une femme qui laisse ses ressentis loin derrière elle.

La prévention et les dépistages du cancer du sein sont là pour nous, que l’on soit une femme ou un homme, ne l’oubliez pas, vous n’êtes pas seuls. Le cancer n’a pas de sexe. Il n’est pas une honte, en parler à vos proches apporte du soutien. Décider d’en parler le rend plus réel, et pour la personne atteinte c’est comme un second choc d’en parler après le diagnostic. Etre suivi par un thérapeute est très bénéfique car il donne de l’espoir et corrige nos pensées légitimes (les effets secondaires de la radiothérapie ou de la chimiothérapie, la perte des cheveux, la peur de la récidive). Ce que je veux dire par corriger : entendre nos mots lorsque nous les disons à haute voix apporte à notre cerveau un travail de reprogrammation cognitive, ainsi le thérapeute nous aide à entendre notre désespoir afin de le transformer en espoir, quelque chose de fondamentalement positif pour aider à la guérison.

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